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Bien préparer son voyage en van

Les beaux jours arrivent et vos projets de voyages se mettent en place. Si le van est d’abord un pass pour la liberté et l’improvisation avec des road-trips inoubliables, l’expérience peut se ternir si l’on n’a pas anticipé certains points. Voici nos conseils pour bien préparer vos prochaines excursions.

Quel van choisir pour quelle utilisation et quelle durée ?

Si c’est votre première expérience à bord d’un fourgon aménagé, privilégiez la location. C’est avec un minimum de recul que vous allez pouvoir établir vos préférences (taille de fourgon, autonomie, type de couchage et d’aménagement). Pour louer un van, vous pouvez vous rendre dans une agence spécialisée ou chez un concessionnaire de votre région. Avant de partir, pensez à questionner le professionnel sur l’assurance : quel est le montant de la franchise ? Qui appeler en cas de problème, le dimanche et les jours fériés ? Que se passe-t-il en cas de vol ? Une fois que vous avez loué plusieurs fois un fourgon, l’achat devient rapidement la solution la plus adaptée. Pour faire des économies, on est alors tenté dans un premier temps par les modèles d’occasion. Redoublez de vigilance avec les modèles particulièrement anciens qui peuvent poser de vrais problèmes de fiabilité. Beaucoup se sont retrouvés en panne plusieurs jours à l’étranger (souvent dans une région reculée) avec l’impossibilité de réparer (absences de pièces dans ce pays…). Avant de prendre la route, il est donc impératif de s’assurer que son véhicule soit particulièrement sain (nous y venons en détail un peu plus loin dans ce dossier). Si vous êtes néophyte, nous vous conseillons d’acheter un modèle d’occasion chez un professionnel qui puisse vous offrir des garanties. Souvent, elles vont de pair avec un financement. Si toutefois le budget vous le permet, l’achat d’un fourgon neuf constitue la plus grande sérénité. En matière de van, trois choix s’offrent à vous, les compacts (qui démarrent à moins de 5m), les standards (6m), les grands (6,36 mètres). Si vous êtes deux et que vous cherchez d’abord un véhicule agile qui puisse s’engouffrer dans les petits villages, les compacts peuvent constituer un excellent choix. Certains offrent même 4 couchages (principalement les modèles à toit relevable), mais se limitent dans tous les cas au week-end (Renault Trafic, California) et doivent faire quelques concessions (salle de bain, réserve d’eau propre). Un van sport et loisir répond toutefois aux escapades d’impulsions. On décide de partir le vendredi à la montagne ou à la mer et de revenir le dimanche. S’ils n’autorisent pas de longs séjours (en tout cas si vous voulez voyager en total confort), ils demeurent polyvalents. La semaine, ils servent de voiture familiale et le week-end de véhicule de loisirs. Une utilisation 2en1, mais un seul budget. Toujours dans la famille des vans compacts, on retrouve toutes les versions de 5,41 mètres (souvent sur Fiat Ducato). Ces derniers sont plus adaptés aux longs séjours avec un frigo plus important, une vraie douche, des WC et un lit qui se met en place avec minimum de manipulation (souvent sur soute). Ils offrent donc toutes les fonctionnalités des fourgons de grands volumes et font simplement des sacrifices sur la salle d’eau ou la penderie, mais rarement sur le couchage. Si vous avez besoin d’espace ou que vous partez avec des enfants, passez à la catégorie 6 mètres. Elle constitue la majorité de l’offre et vous aurez le choix entre de nombreux aménagements: de 2 à 5 couchages, variété du nombre de rangements, différents lits (transversal, superposés, jumeaux, à la française, pavillon), plusieurs salles de bain (avec WC séparés, douche centrale)…Il existe forcément une combinaison adaptée à vos besoins. Ces fourgons sont par ailleurs plus adaptés à de longs séjours avec des espaces de vie aux belles dimensions, de nombreuses astuces. Ils restent en plus particulièrement maniables et peuvent encore se faufiler là où les camping-cars ne passent plus. Les fourgons de 6,36 mètres sont réservés à ceux qui ont besoin d’espace et d’autonomie pour les voyages au long cours. Ils ne transigent sur rien et intègrent un grand coin-cuisine, une belle salle d’eau (parfois avec WC séparés) un grand frigo. Pour cumuler ces arguments, ils se destinent généralement à un couple (même si la dinette transformable offre un 3e couchage) et reçoivent des lits jumeaux. Enfin, si vous prévoyez de sortir des sentiers battus et que votre budget est confortable, tournez-vous vers les vans à 4 roues motrices. Ils redéfinissent complètement les road-trips et vous permettent d’aller au plus près de la nature. D’autres aménageurs proposent une transmission renforcée (souvent réalisée par la société Poclain) pour évoluer sur les chemins. La conversion s’accompagne d’un différentiel à glissement limité, d’une surélévation, d’un blindage sous le moteur et de pneumatiques tout-terrain. Ainsi équipé, le van peut se sortir de zones hostiles (herbe humide, passage en cailloux), mais reste toujours en traction.

La literie, le nombre de personnes…

Le couchage est un point à ne pas négliger. Si vous passez de mauvaises nuits, votre séjour pourra vite se transformer en calvaire. Il est donc important de choisir dès le départ la bonne implantation. Les aménageurs  proposent diverses solutions qui répondent à des besoins précis (faible encombrement, confort, utilisation familiale…). Le lit transversal constitue l’offre la plus répandue, il limite l’encombrement et permet de conserver une belle salle de bain et un espace de la cuisine suffisant. L’autre atout du lit transversal est de se relever pour offrir un espace de rangement supplémentaire ce qui permet de charger par exemple des vélos. Dans le même esprit, les lits jumeaux favorisent la circulation vers l’arrière (et donc l’accès aux placards en hauteur) tout en offrant une soute plus grande. Rassurez-vous ces derniers n’obligent pas un couple à dormir séparément, ils peuvent se transformer en un large espace de couchage une fois la rallonge apposée au milieu. Revers de la médaille, les lits jumeaux nécessitent une certaine place et vont généralement de pair avec un long fourgon. Certains aménageurs ont exploré d’autres pistes pour concilier large espace nuit sans sacrifier les pièces de vie. Citons Campérêve et Rapido avec le lit à la française. Disposé contre la paroi d’un fourgon, ce type de lit a un pied biseauté (pour un accès à la salle de bain par exemple) évite l’effet couloir. Seul bémol, la personne qui dort du côté biseauté ne devra pas être de très grande taille (au risque d’avoir les jambes dans le vide) et la salle d’eau est souvent réduite. Pour les familles, on choisi en général les lits superposés. Toutefois, cet type de couchage propose une vraie modularité. On peut par exemple profiter d’une grande soute et ranger des vélos la nuit tout en dormant sur le lit supérieur. La solution est aussi idéal pour des grands parents qui emmènent de temps en temps leurs petits enfants en vacances. En fonction, ils pourront enlever ou ajouter le couchage supérieur.  Le lit pavillon est aussi une solution parfaitement adaptée aux familles (certains sont motorisés) et peut loger 4 personnes (deux en hauteur, deux au niveau du coin dinette) tout en conservant de beaux volumes pour la cuisine et la salle de bain. Généralement, cette implantation est associée à un toit rehaussé, mais peut aussi se combiner à un toit relevable en toile. Dans tous les cas, ce système permet de conserver un fourgon aux dimensions réduites. Notez que certains aménageurs utilisent aussi le lit sur pavillon dans un van deux personnes ce qui permet de réserver l’arrière du fourgon à une grandee cuisine ou un grande salle de bain.

Prévoir la casse

Inspectez votre fourgon avant de partir, mais jamais au dernier moment. Faites un premier contrôle 2 semaines avant. Combien ont dû différer leur départ après avoir remarqué au dernier moment une tache d’huile suspecte ?  En amont, établissez un cahier des charges pour ne rien laisser passer. Inspectez les pneus (n’oubliez pas de contrôler la pression), le freinage, l’éclairage (n’oubliez pas d’apporter une boîte d’ampoules) et faites les niveaux (huile, liquide de frein et de refroidissement). Vérifiez l’état d’usure et la tension des courroies, la santé de la batterie. Si tout est clair, démarrez le véhicule et laissez le moteur au ralenti. Le ventilateur doit se mettre en route au bout d’un certain temps. Couchez-vous sous le van, inspectez l’état des Durits, traquez la moindre fuite. Vous n’avez rien remarqué ? Passez à l’habitacle. Contrôlez dans un premier temps que toutes les serrures fonctionnent (porte principale, coffre, accès technique, cassette WC, bouchon du réservoir d’eau) et que l’étanchéité fait encore son travail (des auréoles et des traces d’infiltration peuvent vous alerter). Les différents mécanismes (placards, portes, tiroirs) doivent fonctionner sans que vous ayez à forcer. Testez également tous les robinets, les arrivées et l’évacuation, le chauffage, la gazinière et le réfrigérateur. N’oubliez pas que ce dernier doit être mis en route 24h avant le départ. Les bouteilles de gaz, elles ,doivent être neuves. Si vous voulez être sûr de partir en toute quiétude sachez que des assurances spécialisées dans les véhicules de loisirs proposent des garanties « pannes mécaniques ». Plusieurs formules existent en fonction du véhicule et des besoins, mais un plafond est fixé (en général entre 2000 et 2500€) de même qu’une franchise de l’ordre de 10%.

Les formalités

Quelques semaines avant votre périple, faites un point sur votre contrat d’assurance. Que prend-il exactement en compte ? Les personnes sont-elles assurées en plus du véhicule?  Et les biens ? Bénéficiez-vous d’une assistance en cas de panne ? Si vous quittez le pays, il est impératif de questionner votre assureur sur les différentes mésaventures qui pourraient arriver. Imaginez que votre Van soit pris dans une collision au fin fond des pays de l’Est alors que vous ne maitrisez pas la langue. Comment l’assurance va vous soutenir ? Où appeler la nuit ou les week-ends ? Vous l’aurez compris, il faut penser à toutes ses déconvenues en amont. Dans le cas contraire, le moindre problème peut vous coûter très cher et vous plonger dans de lourdes complications administratives et/ou légales. Dans tous les cas, la souscription d’une assurance fourgon aménagée est obligatoire. Simulez plusieurs devis et surtout n’hésitez pas à intégrer certaines options qui peuvent s’avérer utiles en cas de problème. Carte vitale, carte de mutuelle, devront bien évidemment être d’office intégrées dans vos bagages. Assurez-vous que vos vaccins sont également à jour, surtout si vous partez à l’étranger où certains sont spécifiques (munissez-vous dans ce cas des certificats afférents) et emportez votre carte de groupe sanguin, vos ordonnances de médicaments. Enfin, gardez avec vous les numéros des urgences à composer en cas de problème. En Europe, il faut utiliser le 112. Ce numéro est accessible gratuitement partout dans l’Union européenne et a pour but d’offrir, en plus des numéros d’urgences nationaux, un numéro d’appel unique dans tous les États membres de l’UE. Nous vous invitons également à prendre quelques minutes pour visiter le site du gouvernement dédié aux voyageurs (www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays). Vous connaitrez pour chaque pays toutes les informations sur la sécurité (délinquance, risques naturels), les formalités d’entrée, de séjour, de santé (vaccination, frais d’hospitalisation et recommandations). www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays/

Où faire étape?

Quand on voyage en fourgon, c’est d’abord pour accéder à la liberté. Il faut néanmoins prendre en compte les contraintes techniques (vidange des eaux grises, remplissage de réservoir) et lister tout au long de son parcours les airs de services. Mais attention, certains pays en ont très peu. Pensez à vous organiser. De nombreux sites les références, de même que des guides et des applications sur Smartphone. Il en va de même pour le camping sauvage. Certains sont tolérants, d’autres pas du tout ! En Croatie, par exemple, les autorités locales font la chasse aux véhicules de loisirs qui sont stationnés en dehors des campings, même s’ils ne dérangent personne. La population est également incitée à la délation. Autre possibilité, le camping. Bien évidemment il ne s’agit pas de rester une semaine, mais une nuitée peut permettre de vidanger son véhicule, de profiter d’une douche sans se limiter en eau. Les enfants seront également ravis d’avoir accès à la piscine et à des jeux. Le lendemain, toute la famille pourra prendre la route avec les batteries rechargées (pas seulement celles du véhicule). À proximité des lieux touristiques, redoublez de vigilance et ne vous installez pas à l’aveuglette. Lisez les panneaux d’information de la ville, vérifiez que le lendemain n’est pas jour de marché. Préférez des parkings secondaires (place de l’église, salle des fêtes, complexe sportif) et évitez de vous garer à côté d’autres camping-cars sur un parking public. Cela ne ferait qu’inciter les riverains à appeler la police pour signaler une installation sauvage. En général, le bon sens et la politesse sont les clés d’une étape réussie. Ne vous garez pas dans un champ ni sur un chemin ou une sortie de propriété. Trouvez plutôt un coin tranquille (parking en haut de col de montagne, espace pour les départs de randonnée…). Si vous voyez une habitation à proximité, allez voir les résidants et demandez-leur l’autorisation. Par expérience, une demande aimable est rarement refusée…Sachez aussi que l’association France Passion a répertorié 2000 agriculteurs et viticulteurs de France prêts à vous accueillir sur leur propriété. Il faut pour cela être adhérant et vous recevrez en retour un guide pour les étapes. Sur place, pas d’obligation envers l’habitant, mais la promesse d’un moment de partage et de convivialité.